Arba Minch, la porte du Sud

Mercredi 26 février. 5h40. Gare routière d’Awassa. Bus pour Arba Minch.

Nous sommes sur le départ. Le car est plein. Le moteur est en marche.  Les marchands ambulants défilent dans l’allée centrale pour vendre journaux, boissons, mouchoirs en papier, chewing-gums… Je regarde amusée un prédicateur qui s’agite. A en croire mon expérience, quel que soit le pays, le car semble pour les prédicateurs le terrain d’action idéal.

Ce matin, lorsque nous sommes arrivés à la gare routière un peu avant 5 heures, les grilles étaient fermées. Nous n’avons pas eu à attendre longtemps. A l’instar des autres voyageurs, nous nous sommes rapidement dirigés vers le car qui nous intéressait – à savoir celui pour Arba Minch – en suivant les indications de différentes personnes sur notre passage. Et nous n’avons pas regretté de nous être levés tôt : le car a été littéralement pris d’assaut. Nous étions à peine assis qu’il était plein.

L’odeur des gaz d’échappement devient insupportable. Qu’attendons-nous ? Peut-être que le jour se lève ; les cars n’ont pas le droit de rouler de nuit en Ethiopie. Il est 6 heures. Ça y est. Nous partons.

1st level, ce n’est pas Selam Bus. Loin de là. Cette fois-ci, pas de ceinture de sécurité, pas de coffre à bagages (nos sacs sont sur le toit), pas d’écrans de télévision, pas de bouteille d’eau et de part de quatre-quarts, et pas d’amortisseur ! Du moins pas de bonne qualité. Tant que nous roulons sur du bitume, cela reste supportable.

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Mais alors que nous apercevons les premières couleurs du lac Abaya, l’asphalte laisse place à la piste, et pendant toute la seconde moitié du trajet (soit pendant plus de deux heures et demi) nous devons subir les soubresauts et la poussière. Je maintiens tout ce temps Timéo sur mes genoux, sans quoi il volerait à travers le car. Le voyage passe vite malgré tout. Heureusement qu’on peut compter sur les troupeaux de chèvres et de vaches pour divertir Timéo et les engins de construction pour divertir Nolan. D’ici peu – un an, deux ans… – la route entre Awassa et Arba Minch sera entièrement bitumée. En attendant, il faut se contenter des cailloux, de la poussière, des nids de poule et autres bosses.

Nous arrivons à Arba Minch un peu avant midi. Arba Minch… J’ai cru un moment que nous n’allions jamais y arriver. Que de péripéties pour atteindre cette ville du Sud de l’Ethiopie !

La ville est divisée en deux parties, Sikela, la ville basse, où se trouve la gare routière, les banques, le bureau d’Ethiopian Airlines, etc., et Shesha, la ville haute, qui surplombe le parc national de Nechisar et les lacs Chamo et Abaya – les deux plus grands lacs de la vallée du Rift. A Shesha, les chèvres et les vaches errent librement dans les rues. Des vendeurs de bunna, « café », sont installés à même le trottoir. L’atmosphère y est bien plus paisible qu’à Sikela, où on ne s’arrête que par nécessité.

Les voyageurs qui viennent jusqu’à Arba Minch se contentent rarement du seul parc national (même si a posteriori je peux dire que la visite du parc mérite à lui seul le détour). Arba Minch est aussi le point de départ pour partir à la découverte des ethnies reculées du sud éthiopien. C’est ici que les touristes peuvent faire appel à un chauffeur et un guide local (quand ils n’ont pas organisé leur séjour depuis Addis Abeba) et se ravitailler. Toutefois, les stocks sont parfois limités ; j’ai fait quatre pharmacies avant de trouver de l’aspirine !

Nous passerons au total quatre nuits à Arba Minch et à peine deux journées.

Notre coup de cœur dans cette ville, c’est la vue grandiose sur les deux lacs Chamo et Abaya depuis la terrasse de l’hôtel Bekele Molla.

pano

Jeudi 27 février : nous restons à Arba Minch pour organiser notre voyage plus au Sud.

 Vendredi 28 février – lundi 3 mars : notre périple jusque dans la basse vallée de l’Omo à la rencontre des ethnies du Sud fera l’objet d’un prochain post.

Mardi 4 mars : excursion au parc national de Nechisar (voir le post suivant)

Mercredi 5 mars : retour à Addis Abeba. En avion cette fois ! Nous retrouvons avec plaisir Raphaël pour le dîner.

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