D’Addis Abeba à Awassa – pas facile de se déplacer en Ethiopie…

Vendredi 21 : le car pour Awassa est complet. Nous réservons pour le lendemain. Nous quittons avec regret la maison de Raphaël pour une chambre pourrie de l’hôtel Finfine Adarash. Le même jour Nolan et moi visitons le musée ethnologique (voir mon post du 21 février).

Samedi 22 : après avoir attendu une heure trente sur le parking de la gare routière, sous le seul arbre disponible et pris d’assaut par les centaines de voyageurs, nous apprenons sans aucune explication que notre bus pour Awassa est annulé. La compagnie Sky Bus est pourtant renommée. Nous nous faisons rembourser nos billets et réservons – cette fois avec la compagnie Selam Bus – pour le lendemain. Raphaël, qui repart le soir même, nous propose de passer une nuit de plus dans sa maison. C’est aussi une occasion de le revoir, ainsi que quelques membres de sa famille. Nous visitons ensemble un parc aux oiseaux.

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Nolan s’ occupe comme il peut en attendant le car qui ne viendra jamais…

 

 

Dimanche 23 : nous voyageons sans encombre d’Addis Abeba à Awassa sur la compagnie Selam Bus. Rien à redire sur cette compagnie. Ponctualité, sens de l’accueil, confort, propreté, sécurité. Aussitôt après le départ, un agent souhaite la bienvenue aux passagers. Il est aux petits soins. Il accroche des sacs en plastique à quelques accoudoirs en guise de poubelle. Il distribue à chaque passager des bouteilles d’eau et des tranches de quatre-quarts. La musique est bien-sûr au rendez-vous. Quel que soit le coin du monde, voyager en car est un bon moyen de découvrir la musique locale. Deux écrans de télé passent des clips. Les deux petits se tiennent plutôt bien. Sur plusieurs kilomètres après Addis, des bâtiments industriels et en construction s’enfilent. Au plus grand plaisir de Nolan qui se réjouit de voir autant de véhicules de chantier. Plus loin, les usines font place aux serres et aux hangars à bétail. La seconde partie de la route est plus pittoresque que la première. Nous passons devant des villages de béton dans lesquels je remarque que circulent des bajaj (à la différence d’Addis) mais aussi devant des hameaux entièrement construits de jolies paillotes traditionnelles et souvent entourés de cactus en guise d’enclot. A en croire les bidons de plastique jaune qui s’accumulent dans les cours, et le long de la route les ânes qui transportent ces mêmes bidons, ces hameaux ne sont pas pourvus en eau. C’est étonnant de voir de telles habitations le long de cette route si moderne qui rejoint deux grosses villes. Au fur et à mesure que nous descendons dans le Sud, les paysages deviennent plus arides. Les champs verts inondés par le lac Ziway constitue une parenthèse. Ce tronçon de route offre un beau panorama. Le bétail s’abreuve dans le lac et plus loin un groupe de personnes se baigne. Au loin, se dessine une colline aux parois creuses qui lui donne l’air de dégouliner. Je ne vois pas les quatre heures trente passer. Le soir nous dormons à l’hôtel du restaurant Dolce Vita.

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Lundi 24 : nous passons la journée à Awassa. Cette ville, présentée dans les guides comme l’une – voire la – plus agréable(s) d’Ethiopie, a certes un charme qu’on ne peut lui retirer. Le centre-ville est sans intérêt, mais les bords du lac sont un vrai havre de paix. D’un coup de rickshaw, nous allons jeter un œil au marché aux poissons ; mais en ce début d’après-midi, les marchands ont rangé leurs étals. Il ne reste que les bars et leurs clients, un groupe d’enfants à la recherche de quelques birrs (monnaie éthiopienne), et des centaines de marabouts à l’affût du moindre bout de poisson à traîner. Cet oiseau est vraiment le plus laid que je connaisse. Nous rentrons en calèche. Un peu plus tard dans l’après-midi nous allons faire une promenade sur le lac pour débusquer quelques hippo. Nous évitons de nous approcher trop prêt : dans toute l’Afrique, l’hippopotame est l’animal qui cause le plus de décès humain. Nous finissons la journée à boire un verre au niveau de l’endroit appelé Fidel, tout en admirant le panorama et rentrons à l’hôtel juste avant les premières gouttes de pluie. Préparés à partir très tôt le lendemain matin pour Arba Minch, nous ne traînons pas histoire de faire une bonne nuit. Mais Timéo en a décidé autrement. Je passe ma nuit à nettoyer les draps, pareos, sarongs, sacs à viande, sur lesquels il vomit successivement. La turista a fini par l’avoir. Les aléas d’un voyage en Afrique.

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Mardi 25 : après une telle nuit, impossible de se lever pour 4h30. Nous décidons de repousser notre départ pour Arba Minch et de dormir. L’après-midi, nous montons avec tous nos bagages dans un minibus en direction de Shashemene en espérant pouvoir prendre un car direct pour Arba Minch. Arrivés là-bas une vingtaine de minutes plus tard (en morceaux, car le minibus c’est une expérience en soi), nous prenons un bajaj en direction de la gare routière des gros bus. Echec et mat. Nous apprenons que le seul car direct pour Arba Minch part très tôt le matin… d’Awassa. Il nous faut donc rebrousser chemin. Par deux reprises, les bus qui partent pour Awassa nous filent sous le nez, pris d’assaut par les voyageurs. Nous repartons finalement en bajaj jusqu’à la gare des minibus, où nous montons dans un minibus en direction d’Awassa. Pas facile de voyager en Ethiopie. Nuit au Lewi menahara, à 200 mètres de la gare routière.

Ce n’est finalement que le lendemain que nous parviendrons à monter dans un car pour Arba Minch. Et quel car ! Nous sommes loin du car de Selam bus. Un trajet épique qui fera l’objet de mon prochain post…

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