Le parc national de Nechisar

Mercredi 26 février : Crocodile market

A peine arrivés à Arba Minch, nous organisons une promenade sur le lac Chamo pour la fin d’après-midi. Il nous faut moins d’une demi-heure pour rejoindre les berges du lac (nous louons les services d’un chauffeur de minibus). 17 heures, c’est l’heure idéale. Le soleil offre une chaleur modérée, surtout sur l’eau, et une belle luminosité, propice à la photographie. Nous embarquons sur un petit bateau à moteur qui nous conduit jusqu’au fameux Crocodile market. Dénommé ainsi en raison du nombre élevé de crocodiles, cet endroit du lac Chamo, situé à l’embouchure du lac et de la rivière Kulfo, concentre des centaines de crocodiles en un espace réduit. J’ai pourtant beaucoup voyagé, et des crocodiles j’en ai vus, mais jamais je n’en ai vu autant d’un coup ! Les enfants jubilent. Timéo prononce un nouveau mot : « codile ». Nous apercevons également quelques hippopotames. Les deux espèces cohabitent et se craignent. En cas d’affrontement, c’est toujours l’hippopotame qui l’emporte. La promenade d’une heure à peine est un peu courte à notre goût, mais nous sommes contents quand-même.

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Mardi 4 mars : Le parc national de Nechisar

Depuis notre arrivée en Ethiopie, nous promettons à Nolan des animaux. Le parc national de Nechisar étant réputé pour ses zèbres, nous ne pouvons passer à côté. Comme Timéo souffre d’une conjonctivite, nous préférons lui épargner les pistes cahoteuses et poussiéreuses du parc. Alex se porte volontaire pour rester avec lui à l’hôtel, tandis que j’accompagne Nolan au parc, en compagnie de Kucha, qui a été notre guide pendant quatre jours dans le Sud.

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Des zèbres (de Burchell), j’en ai vu par centaines dans les parcs tanzaniens. Je pars donc sans trop d’attente. Le parc national de Nechisar s’avère être une excellente surprise. Il vaut le détour pour ses seuls paysages, très variés. Par ailleurs, j’ai beau avoir vu beaucoup de zèbres en liberté, de ma vie je n’en ai jamais approché de si près.

Pour atteindre les plaines, où sont réfugiés les zèbres et les gazelles, nous traversons une forêt, à l’ombre de laquelle s’activent quelques babouins dogueras que nous avons la chance d’apercevoir. Au cœur de cette forêt se cache une source d’eau, ou plutôt quarante sources, qui donnèrent son nom à la ville puisqu’en amharique Arba Minch signifie « quarante sources ». Elles alimentent la rivière Kulfo qui sillonne à travers la forêt et qui vient se jeter dans le lac Chamo ; et c’est à l’embouchure que les crocodiles aiment se réfugier (l’endroit est appelé crocodile market). Pour le bien de Nolan qui s’est endormi et comme l’après-midi est déjà bien avancé, nous déciderons sur le chemin du retour de rentrer directement à l’hôtel plutôt que de faire un arrêt aux sources comme initialement prévu.

Une fois sortis de la forêt, nous entamons une raide montée en direction du Pont du Paradis, une langue de terre vallonnée qui s’ouvre au Nord sur le lac Abaya, au Sud sur le lac Chamo et à l’Est sur les plaines de Nechisar. Notre Toyota Land Rover est mise à rude épreuve.  Le 4×4 n’est pas tout neuf (c’est un euphémisme) mais il semble bien tenir la route. C’est l’occasion aussi pour moi de découvrir le talent de notre chauffeur, Zelalem.

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En chemin, nous descendons de la voiture pour essayer de voir de plus près un phacochère, qui s’enfuit à toute vitesse en nous entendant approcher. En haut de la montée nous attend un panorama extraordinaire sur le lac Chamo. Même Nolan est sensible à la beauté des lieux. C’est lui qui me montre le paysage du doigt alors que nous sommes encore dans le véhicule : « Regarde maman comme c’est joli ! ».

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Un peu plus loin, c’est le lac Abaya, dont les eaux chargées de fer prennent une teinte rouge, qui s’offre à nous.

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Plus bas, nous descendons du 4×4 pour nous approcher en silence d’un héron  qui picore dans les eaux argentés d’un marécage. J’aperçois deux crocodiles qui se dorent au soleil. J’ai à peine eu le temps de le faire remarquer à Nolan que les deux bêtes se sont déjà glissées dans l’eau. Mais attention ; les monstres veillent. Mieux vaut ne pas s’approcher de trop près. C’est ainsi que dans sa jeunesse, Kucha s’est fait presque happer la jambe. Chaque année, cinq à six pêcheurs se font dévorer. Ça fait frémir.

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Quand on atteint les plaines, je comprends pourquoi le parc s’appelle Nechisar, « herbe blanche »en amharique.

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C’est cette herbe que les zèbres de Burchell broutent flegmatiquement. Et nous ne tardons pas à les apercevoir.

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Les panoramas me surprennent un peu plus à chaque fois.

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Au cœur de la plaine, les zèbres cohabitent avec les antilopes. A la différence de ces dernières, et à ma grande surprise, les zèbres se laissent approcher, certains jusqu’à dix mètres de distance. C’est une chance incroyable de pouvoir marcher aux côtés de ces zèbres en liberté.

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Kucha me fait remarquer au loin deux antilopes qui se distinguent des autres par leur pelage foncé et leurs cornes biscornues. Ce sont des bubales de Swayne (heert beast en anglais), une espèce endémique, aujourd’hui quasiment éteinte. Nous sommes décidément très chanceux. Je décide de partir à leur rencontre à pied. Nolan me suit d’abord à travers champs, mais finalement il trouve plus amusant de faire la course avec le 4×4 sur la piste tracée.

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Je parviens à m’approcher d’assez près des bubales de Swayne et je prends quelques photos avant qu’ils ne détalent en courant.

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Au loin, je remarque un troupeau plus imposant que les autres qui s’avère être un troupeau de vaches. Malgré l’interdiction du gouvernement, les bergers  des ethnies gujie (nomade) et amaro (installée dans les montagnes) viennent faire paître leur bétail dans le parc. Outre piller la plaine de son herbe, les vaches, qui sont des animaux domestiqués par l’homme, mettent en danger les espèces sauvages en apportant des maladies.

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Nous faisons un petit détour par le plus haut point du pont du paradis qui offre une vue extraordinaire sur les deux lacs.

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Nolan essaie un hamac local avec un oreiller africain… en bois !

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Sur le chemin du retour, nous apercevons un groupe de koudous à travers les branches. La voiture à peine arrêtée, nous les voyons détaler devant nous. Un retardataire nous lance un dernier regard avant de s’enfuir dans la brousse.

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Et quelques minutes plus tard, alors que je pensais cette voiture increvable, nous avons crevé ! Pour Nolan c’est toute une aventure. Il me fait rire. Il observe attentivement Zeb, notre chauffeur, sortir la roue de secours du coffre. Il donne même des instructions « Put it here » (Mets-la là). Un problème se pose : le cric est introuvable. Je ne suis pas inquiète, nous sommes en Afrique, et les Africains sont débrouillards. En deux temps trois mouvements Zeb et Kucha avaient fabriqué un cric de fortune avec quelques grosses pierres trouvées sur le chemin. Quinze minutes plus tard, nous étions repartis.

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Un dernier coup d’œil au lac Chamo avant de rejoindre la sortie du parc. De là-haut, nous pouvons apercevoir des phacochères et même dans l’eau des hippopotames et des crocodiles.

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Nous sortons du parc vers 14h30. Nous n’avons pas croisé un seul véhicule de touristes de la journée. J’ai du mal à le croire après avoir profité de toutes les merveilles de ce parc. D’après Kucha, les touristes sont demandeurs, mais les propriétaires des véhicules sont réticents à les louer quand il s’agit d’une excursion au parc ; ils ont peur pour leur voiture. Tu m’étonnes !

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