Nolan devant un gros baobab

Trois villes de la côte kenyane, trois ambiances : 2) au nord de Mombasa : Kilifi la douce

Nous y avons passé 4 jours et demi et 5 nuits du jeudi 3 avril au mardi 8 avril 2014.

Kilifi respire la douceur de vivre. Avec du recul, je dirais aussi que c’est l’endroit au Kenya où nous avons été le mieux accueillis. Contrairement à nos autres étapes kenyanes, nous avons ici sympathisé avec plusieurs personnes : le personnel du Dhows Inn (notre guesthouse), le personnel des ruines de Mnarani (site historique), et Jonathan, un chauffeur d’auto rickshaw plein de gentillesse, de vie et d’enthousiasme. Sa rencontre avec lui restera l’un de mes meilleurs souvenirs du Kenya.

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Que faire à Kilifi ?

  • Visiter les ruines de Mnarani et le Reptile Rescue Park (visite combinée ; le parc aux serpents ne peut se visiter séparément)

Du village en ruine, seuls deux monuments tiennent encore debout : la grande mosquée, plantée à l’entrée du site, et la petite mosquée, cachée dans la forêt. Un foyer réservé à la fabrication du ciment (au lieu de la chaux utilisée couramment par chez nous pour la fabrication du ciment, les swahilis utilisent de la pierre de corail), un puit si profond que l’on ne voit même pas le fond, quelques tombes, un point de vue sur l’estuaire, des latrines aménagées sous les racines apparentes d’un arbre (ce qui évite de tomber les fesses les premières dans la fossé !), et un baobab géant vieux de 900 ans et qui vaut à lui seul le détour, agrémentent la visite.

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Grande mosquée du village en ruine de Mnarani

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Un guide s’avère absolument nécessaire pour la visite du site. Il est d’ailleurs imposé d’emblée au guichet (un guichet un peu déroutant puisqu’il ne ressemble à rien : trois chaises en plastique et trois hommes qui discutent…). Pendant que Nolan explore le site à sa manière (il grimpe sur les bouts de mur restant, il ramasse des bâtons,…), Hillary notre guide me fournit des explications dans un bon anglais mais avec un tel accent que je dois lui faire répéter un mot sur deux. Le site fut occupé par les arabes de la fin du 14ème siècle jusqu’au milieu du 17ème siècle. Les habitants quittèrent le village en raison d’une pénurie d’eau et d’une attaque par des membres de l’ethnie Galla, venus de Somalie.

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Les ruines de Mnarani ne me laisseront pas un souvenir impérissable. Mais pour le voyageur qui a décidé de se poser quelques jours à Kilifi, elles constituent un bel objet de visite. En outre, pour ceux qui voyagent avec des enfants, elle devient un must, puisque le billet d’entrée donne également accès à un modeste mais fascinant parc aux serpents, le Reptile Rescue Park.

(voir mon article indépendant sur le Reptile Rescue Park)

 

  • Faire une excursion au village de Takaungu

Takaungu, situé à une dizaine de kilomètres au sud de Kilifi, est décrit dans le Lonely Planet comme un authentique et paisible village de pêcheurs préservé du tourisme et offrant des plages – je cite – « à couper le souffle » (breathtaking). Nous avons voulu tenter l’expérience. Et honnêtement, à mon sens, le site ne vaut pas le déplacement depuis Kilifi, et certainement pas en auto rickshaw. En voiture, voire en taxi, l’excursion n’est qu’à un saut de puce. Mais en tuk-tuk c’est une vraie expédition. Pour l’atteindre, il nous a fallu vingt minutes sur la grande route à se faire dépasser par les camions, et vingt à trente minutes supplémentaires sur une route de terre cahoteuse. En plus, nous n’avons pas été bien accueillis à notre arrivée au village. A peine sommes-nous descendus du rickshaw, que nous nous sommes fait talonnés par deux relous, qui avaient décidés de s’improviser guides. Nous n’avions qu’une envie, c’était de leur échapper. Je n’osais même pas sortir mon appareil photo. Je n’ai pas résisté au magnifique paysage que l’estuaire offrait à notre regard et j’ai discrètement pris une photo, une seule.

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Quand nous sommes remontés dans le tuk-tuk, l’un des deux hommes particulièrement tenace s’est invité dans le véhicule et nous a harcelés pour qu’on lui donne de l’argent. Heureusement Jonathan, notre chauffeur, est intervenu et a chassé l’intrus. Nous sommes tranquillement allés nous remettre de nos émotions sur la plage, certes sauvage et charmante mais de là à dire qu’elle est « à couper le souffle » c’est vraiment exagéré. J’ai piqué une tête dans les vagues (courant trop fort pour autoriser les enfants à se baigner), puis nous sommes rentrés à Kilifi.

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  • Faire une promenade en dhow (bateau traditionnel à voile) sur l’estuaire

Bien qu’inconfortable, la balade est agréable. Avec des enfants en bas âge, une heure suffit. Nos deux loustics ont moyennement apprécié la sortie. A peine avions-nous embarqués, que Nolan nous demandait à rentrer, car il avait faim.

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Maison flottante – vue depuis le bateau

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Rendez vous sur la plage près de l’entrée des ruines de Mnarani et négociez (fermement) avec un pêcheur du coin prêt à vous emmener. Nous avons payé 900 KES (≈ 7,50 €) pour une heure (au lieu de 3000 KES annoncés… (≈ 25 €)).

  • Prendre un verre et/ou déjeuner et profiter de la vue sur l’estuaire

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Nous avons aimé :

Mnarani Club

Si vous recherchez l’authenticité, n’allez pas au Mnarani Club. Apparemment, l’endroit est fréquenté exclusivement par des expatriés et des touristes. Mais c’est un lieu de détente idéal. Quand on arrive dans le restaurant, on n’a qu’une seule envie c’est plonger dans la magnifique piscine à débordement et se délecter du magnifique panorama. Nous n’avons d’ailleurs pas résisté à la tentation et nous sommes revenus le lendemain pour piquer une tête dans la piscine.

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Sans être excellente, la cuisine est bonne. Le vendredi l’hôtel propose un buffet du midi (environ 1000 KES ≈ 8 €). On peut profiter de la piscine même si l’on n’est pas client de l’hôtel moyennant le prix de 1200 KES (≈ 10 € par personne ; c’est cher ; après coup on pense qu’on s’est fait arnaquer et que 1200 c’était le prix total…). On vous donne un bracelet ; j’ai horreur de ça. Le buffet du soir est à 1900 KES (≈ 16 €).

Kilifi Beach Bay Resort

Le complexe comprend deux piscines, ainsi que deux restaurants et un bar de plage dans lequel on peut demander à se faire servir son repas. De là, on peut admirer en toute tranquillité la magnifique plage déserte.

600 KES (≈ 5 €) par entrée pour la piscine.

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N.B. : Baobab Sea Lodge est sans intérêt. La vue depuis le restaurant est en partie masquée par des arbres.

Infos pratiques :

Comment se rendre à Kilifi ?

Compter entre 3500 et 4000 KES (≈ 30 et 34 €) pour le trajet Mombasa-Kilifi (ou inversement). Le trajet dure environ 1h30.

Nous avons fait appel aux services d’un taxi du Castle Royal Hotel (contrairement aux rickshaws, les taxis ne courent pas les rues à Mombasa). Attention ! C’est un hôtel de catégorie supérieure ; leurs tarifs sont donc élevés. Par exemple, le prix affiché pour le trajet Mombasa-Kilifi est de 12 000 KES (≈ 100 €). Certains clients paient sans même essayer de négocier ; l’hôtel aurait donc tort de se priver… A titre indicatif, nous sommes parvenus – au prix d’une dure et longue négociation – à descendre le prix à 4000 KES.

Vous pouvez aussi vous y rendre en minibus, bien moins confortable, mais plus économique, surtout si vous voyagez seul. Les minibus à destination de Malindi partent de la gare de minibus. Ils peuvent déposer sur demande les voyageurs à Kilifi mais le prix du ticket reste le même que pour la destination finale : 500 KES (≈ 4 €) par siège, adulte ou enfant.

Une fois là-bas, comment se déplacer ?

Certaines distances peuvent se faire à pied, par exemple du Dhows Inn jusqu’aux ruines de Mnarani. Mais n’y comptez pas avec des enfants. Vous risquez de vous retrouver à devoir les porter. Et deux kilomètres sous le soleil avec 20 kilos sur le dos ou dans les bras, c’est loin d’être une partie de plaisir. En tous cas, pour moi.

Hormis sur la route principale (Mombasa-Kilifi-Malindi), il peut être difficile de trouver des rickshaws (par exemple depuis les ruines de Mnarani ou l’un des resorts qui se trouvent sur Bofa road). Je vous conseille de prendre le numéro de téléphone d’un, voire de plusieurs chauffeurs.

Quelques prix en rickshaw (après négociation) :

Dhows Inn – ruines de Mnarani : entre 50 et 80 KES (≈ entre 0,42 et 0,67 €)

Dhows InnBaobab Sea Lodge : 100 KES

Dhows InnKilifi Bay Beach Resort : 150 KES

Dhows InnTakaungu aller retour : 1000 KES

Où dormir ?

Si vous avez les moyens, vous pouvez vous offrir le luxe de dormir dans un resort. Mais pour ma part je trouve que c’est bien cher payé, le pire étant le Baobab Sea Lodge.

Le Dhows Inn offre un bon rapport qualité prix. Certes il est proche de la route (donc un peu bruyant, notamment le restaurant) et loin de la mer, mais les chambres, qui donnent sur un charmant jardin, sont propres, spacieuses et le petit-déjeuner est inclus. Le personnel est très aimable. Tout ça pour 1800 KES (≈ 15 €) la chambre double, un prix vraiment bon marché au Kenya. Et rien ne vous empêche de profiter des restaurants et de la vue des resorts en journée…

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Timéo dans la baignoire de luxe

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un des habitants du Dhows Inn

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Rien de tel qu’un hôtel avec jardin pour pouvoir étendre sa lessive…

 

Où dîner ?

Si vous recherchez l’authenticité, allez au Creek Garden Hotel, à deux pas du Dhows Inn, à l’angle de la bifurcation vers les ruines de Mnarani. Dans une ambiance bien locale, vous y dégusterez une Tusker (bière locale), du nyama choma (« viande grillée ») – chèvre (mbuzi) ou brochettes de bœufs (mishkaki) – accompagnée d’une petite salade de tomates/oignons et de ugali (farine de maïs mélangée avec de l’eau).

Au Dhows Inn, c’est bon, local, populaire, mais long.

 

Où s’approvisionner ?

Un grand supermarché : Tuskys Digo Kilifi

 

 

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