Un mariage éthiopien, ça se passe comment ?

Tout en s’accordant quelques petits écarts quant au protocole (par exemple l’ordre des différentes cérémonies), Raphaël et Selome ont choisi (ou peut-être n’avaient-ils pas vraiment le choix…) de respecter les us et coutumes d’un mariage traditionnel éthiopien, et ce pour le plus grand bonheur de leurs invités européens.

Samedi 15 février. 12h30. Nous nous serrons à 18 (14 adultes et 4 enfants) dans un minibus de 12 places qui nous conduit chez les parents de la mariée pour assister à l’enlèvement de la mariée par son époux. Tony, Jean-Bernard et Daniel, les trois garçons d’honneur, ont rejoint Raphaël chez lui tôt ce matin. Françoise, la maman de Raphaël, est également aux côtés de son fils. En attendant leur venue, nous faisons connaissance avec la famille de Selome. La mariée quant à elle est installée dans le salon, à l’abri des regards. C’est à travers le cadre d’une étroite porte que nous la découvrons, parée d’une belle robe de mariée blanche de style occidental, lorsque nous suivons nos hôtes qui nous invitent à nous servir au buffet. Tandis que les hommes se font attendre, les trois demoiselles d’honneur, chacune enveloppée d’une robe en tulle vert qui fascine Nolan, nous offrent un spectacle de danse dans la cour. Le repas est brusquement interrompu par l’arrivée en fanfare de Raphaël, en smoking et un bouquet de roses rouges à la main, et de ses garçons d’honneur. Tous les hommes de la famille de Selome se précipitent alors à leur rencontre et tout en leur barrant le passage, ils chantent une chanson traditionnelle disant qu’ils ne laisseront personne approcher la mariée. Le marié doit alors les supplier et tenter de forcer le passage. Une fois devant Selome, Raphaël s’agenouille et lui présente le bouquet de fleurs, qu’elle accepte, puis il lui dépose un pieux baiser sur le front. Les jeunes mariés sont alors escortés, toujours en musique, par les invités jusqu’à leur voiture, qui les conduit dans un parc pour une séance de photos. Et tout le monde suit.

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La séance de photos est plutôt ennuyeuse pour les invités. Et contraignante pour les mariés et leurs demoiselles/garçons d’honneur respectifs qui doivent s’adonner à tout un tas de positions et de danses. Je doute que Tony, Jean-Bernard et Daniel savaient pour quoi ils avaient signé quand ils ont accepté d’être témoins ! Comme nous avons deux heures devant nous avant la  prochaine cérémonie, nous préférons rentrer à la Guest House et nous les laissons à leur séance de photos interminable.

Vers 16 heures, nous rejoignons l’Atlas garden. Un tapis rouge et un « trône » ont été installés à l’intention des mariés. La foule s’anime. Les mariés arrivent ! Les demoiselles et garçons d’honneur ouvrent la marche et laissent place aux jeunes mariés qui font leur apparition en dansant, avant de rejoindre le trône. Après le déjeuner tardif (ou le dîner avancé…), les mariés procèdent à l’échange des alliances avant d’aller se lancer dans une danse endiablée qui fait l’admiration de tous. Raphaël a pris des cours de danse comme en témoigne son jeu d’épaules particulièrement travaillé. La nuit tombe doucement. Sous les lumières des projecteurs, les mariés portent un toast au Champagne devant l’énorme gâteau à la crème qui a passé la journée sous le soleil (et pour cette raison je n’en mangerai pas…).

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Après cette longue et excitante journée pleine de péripéties, nous prenons la direction de la maison de Raphaël et Selome, pour une longue et excitante soirée !

Le lendemain, ambiance décontractée. Les mariés nous accueillent chez eux pour un gargantuesque brunch du dimanche.  Nous assistons à notre première cérémonie du café. Et dans un tout autre style, nous avons le plaisir de participer à une dégustation de fromages apportés par les invités venus des quatre coins de la France.

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Lundi 17 février, les festivités reprennent cette fois chez les parents de Selome. Nous sommes conviés à déjeuner, pour célébrer un événement appelé Meles, autrement dit « après mariage ». Peu de temps après notre arrivée, Raphaël et Selome font leur apparition, cette fois, à notre plus grande surprise et admiration, ornés d’habits traditionnels (appelés, si je ne me trompe pas, kaba). La robe de Selome lui sied comme un gant ; elle a des allures de reine de Saba (qui, selon certaines interprétations de la Bible, était éthiopienne). Après la rituelle préparation du café, nous assistons à une nouvelle cérémonie. Suivant la tradition éthiopienne, les familles des mariés choisissent pour la mariée et pour le marié un surnom qui sera utilisé en mémoire de ce mariage. Le choix du surnom est soumis à un protocole. Les garçons d’honneur sont chargés de proposer des surnoms pour la mariée. C’est l’occasion de « private joke » (prénom d’une ex…) ou de commémorer la mémoire de personnes disparues (grand-mère…). Les demoiselles d’honneur et la famille acquiescent ou non. Heureusement que les témoins ont été briefés avant… A leur tour, les demoiselles d’honneur proposent des surnoms pour le marié. Daniel joue à fond et avec talent son rôle désigné d’animateur. Les surnoms retenus sont Gifty pour Selome et Gofta, « Le Seigneur », pour Raphaël. La cérémonie se termine par le partage du pain, un grand pain rond confectionné pour l’occasion. Mais attention, celui qui n’est pas capable de répéter les deux surnoms retenus n’aura pas le droit à son bout de pain. Et apparemment on ne rigole pas avec la tradition ! Je suis bien heureuse de m’en être souvenus car je n’aurais pas aimé me ridiculiser devant autant de monde et en plus il était délicieux ce pain !

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Et c’est sur cette touche gastronomique que se clôturent trois jours de festivités.

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